Bac philo 2011 : Sujets et corrigés (L) - Bac Philo - Ados.fr
philo

Bac Philo

48

Voici les sujets, avec le choix entre deux dissertations (sujet 1 et 2) et une explication de texte (sujet 3), pour la section L :

Sujet 1 : 

Peut-on prouver une hypothèse scientifique ?

Une hypothèse scientifique : Construction de l’esprit qui consiste à rendre compte du réel ou plus exactement de notre rapport au réel à des fins de connaissance.

De ce fait, une hypothèse est un outil de travail mais elle n’a elle-même aucune valeur de preuve. Elle est plutôt un point de départ qui sert au raisonnement qui ne sera validé qu’au terme d’un long processus.Ainsi quand Galilée fit rouler ses sphères sur un plan incliné ou quand Toricelli fait l’hypothèse d’un poids sur l’eau… ce fut nous dit Kant « une révélation lumineuse » pour tous les physiciens.  Cependant, l’hypothèse de départ n’est pas elle même prouvée. Ici dans le sujet, il est demande si l'on peut prouver une hypothèse scientifique, mêlant ainsi le thème de la démonstration et celui de l’expérience qui est généralement compris comme validant la première. Le problème est donc de s’interroger sur la valeur d’une hypothèse scientifique en tant que point de départ d’un raisonnement juste universel. Du point de vue de la science, l’enjeu est bien la vérité mise en question par la démarche de l’esprit qui consiste à poser un principe non fondé ou non justifié, c’est-à-dire sans preuve. Une hypothèse peut-elle être scientifique si elle n’est pas elle même fondée ? La démonstration n'est alors plus obligatoire, on aurait d’emblée une vérité, ou plutôt un dogme de la pensée admis de manière universelle. Il faut donc définir l’hypothèse en rapport à la preuve qu’elle prétend soutenir et interroger cette dernière comme venant infirmer ou confirmer l’hypothèse.

Attention ne pas confondre les hypothèses et les idées :
Il ne faut pas confondre les hypothèses et les simples idées (exemple : L’idée de Dieu, L’idée de l’âme, ces idées, etc.) toutes légitimes soient-elles ne peuvent pas être prouvées. Elles sont d'après Kant des antinomies de la raison. Les idées ne réclament aucune preuve, elles ont un rôle par exemple en morale pour l’idée de Dieu qui est régulatrice.

 

Sujet 2 :

L’homme est-il condamné à se faire des illusions sur lui-même ?

Le sujet traite de la complexité qui constitue chacun d’entre nous. Pour rendre compte de lui-même il faut supposer qu’en dessous de son apparence première, l’homme possède une conscience lui permettant de découvrir la réalité du monde extérieur et sa propre réalité, bien plus de connaître son intériorité. C’est ce que l’on appelle la subjectivité par opposition à la connaissance des objets inertes, voire aux autres vivants. Il faut se demander quel type de condamnation pèse ici sur l’homme l’empêchant ainsi de se connaître lui-même. Plus encore, l’homme condamné à se faire des illusions sur lui-même serait dans l’incapacité non seulement de se connaître mais aussi d’agir, d’intervenir dans le monde d’une façon ou d’une autre. Ainsi ses pensées, ses actions, ses désirs et même ses perceptions, son existence toute entière, renverraient à un moi dont il est impossible de dire qui il est, et s’il a simplement conscience de lui-même c’est à l’instar du malin génie de Descartes, une tromperie dont il n’a pas d’issue. L’enjeu, pour la connaissance et la responsabilité que chacun a de sa propre personne, est de nous condamner à la vanité et à l’illusion.

 

Sujet 3:

Extrait du Gai Savoir de Nietzsche

"Nous disons bonnes les vertus d’un homme, non pas à cause des résultats qu’elles peuvent avoir pour lui, mais à cause des résultats qu’elles peuvent avoir pour nous et pour la société : dans l’éloge de la vertu on n’a jamais été bien « désintéressé », on n’a jamais été bien « altruiste » ! On aurait remarqué, sans cela, que les vertus (comme l’application, l’obéissance, la chasteté, la piété, la justice) sont généralement nuisibles à celui qui les possède, parce que ce sont des instincts qui règnent en lui trop violemment, trop avidement, et ne veulent à aucun prix se laisser contrebalancer raisonnablement par les autres. Quand on possède une vertu, une vraie vertu, une vertu complète (non une petite tendance à l’avoir), on est victime de cette vertu ! Et c’est précisément pourquoi le voisin en fait la louange ! On loue l’homme zélé bien que son zèle gâte sa vue, qu’il use la spontanéité et la fraîcheur de son esprit : on vante, on plaint le jeune homme qui s’est « tué à la tâche » parce qu’on pense : « Pour l’ensemble social, perdre la meilleure unité n’est encore qu’un petit sacrifice ! Il est fâcheux que ce sacrifice soit nécessaire ! Mais il serait bien plus fâcheux que l’individu pensât différemment, qu’il attachât plus d’importance à se conserver et à se développer qu’à travailler au service de tous ! » On ne plaint donc pas ce jeune homme à cause de lui-même, mais parce que sa mort a fait perdre à la société un instrument soumis, sans égards pour lui-même, bref un « brave homme », comme on dit."

 

SOURCE : www.lewebpedagogique.com

Forums Public Ados