Bac philo 2011 : Sujets et corrigés (ES) - Bac Philo - Ados.fr

Sujet 1 :

La liberté est-elle menacée par l’égalité ?

La liberté concernée par ce sujet semble être la liberté extérieure et politique, car l’égalité présuppose une vie avec les hommes. Le rapport entre la liberté et l’égalité est problématique car d’un côté, c’est à cause de l’égalité devant la loi que nous sommes soumis à ces lois et par là limités dans notre liberté mais d’un autre côté si l’égalité n’est pas instaurée, c’est l’inégalité qui règne menaçant aussi notre liberté, car nous sommes alors soumis à des rapports de force, compromettant notre liberté. Dès lors, on peut s’interroger sur le lien entre liberté et égalité, qui sont pourtant associées ( « liberté, égalité et fraternité »), la seconde est-elle condition ou menace pour la première? Et jusqu’à quel point? Vous pouvez donc aborder l'égalité comme menace pour notre indépendance puis l’égalité comme condition de la liberté, de l’autonomie et enfin, l’égalite peut menacer la liberté: par ses excès ou ses insuffisances.

Référence d'auteurs: Rousseau, Tocqueville, Hobbes, Rawls, Marx

 

Sujet 2 :

L’art est-il moins nécessaire que la science ?

Le nécessaire : Ce dont on a besoin, ce dont on ne peut se passer par opposition au superflu, à l’accessoire. Mais c'est aussi, ce qui ne peut pas ne pas être , ce qui s’oppose au contingent.

La science peut aussi être soit réduite à la connaissance scientifique soit associé au savoir en général, à la connaissance. Dès lors, le sujet demande de s’interroger, dans une comparaison avec la science, sur l’utilité de l’art, sur le rapport de l’homme avec la création artistique aussi bien en tant qu’amateur que de créateur. On pourrait dons associer à ce sujet 2 questions: l’art est-il moins utile que la science ( utile au sens d’utilitaire, fonctionnel)? L’art et la science sont-ils deux activités aussi essentielles pour l’homme, au sens d’en accord avec sa nature, son essence? Et comme le sujet distingue art et science, et affirme implicitement la nécessité de la science ( dans les 2 sens du terme) on pourra aussi s’interroger sur la possibilité pour l’art d’être sans le chercher source de connaissance comme peut-être sur la possibilité d’une recherche de la connaissance pour le simple plaisir de connaître, pour le plaisir. Vous pouvez alors aborder I.    L’art est moins utile que la science puis l’art est aussi utile et essentiel que la science et enfin, la science et l'art se complètent et sont aussi nécessaires l’un que l’autre à l’homme.

 

Sujet 3 :

Extrait des Bienfaits de Sénèque

"Si c’est l’intérêt et un vil calcul qui me rendent généreux, si je ne suis jamais serviable que pour obtenir en échange un service, je ne ferai pas de bien à celui qui part pour des pays situés sous d’autres cieux, éloignés du mien, qui s’absente pour toujours ; je ne donnerai pas à celui dont la santé est compromise au point qu’il ne lui reste aucun espoir de guérison ; je ne donnerai pas, si moi-même je sens décliner mes forces, car je n’ai plus le temps de rentrer dans mes avances. Et pourtant (ceci pour te prouver que la bienfaisance est une pratique désirable en soi) l’étranger qui tout à l’heure s’en est venu atterrir dans notre port et qui doit tout de suite repartir reçoit notre assistance ; à l’inconnu qui a fait naufrage nous donnons, pour qu’il soit rapatrié, un navire tout équipé. Il part, connaissant à peine l’auteur de son salut ; comme il ne doit jamais plus revenir à portée de nos regards il transfère sa dette aux dieux mêmes et il leur demande dans sa prière de reconnaître à sa place notre bienfait ; en attendant nous trouvons du charme au sentiment d’avoir fait un peu de bien dont nous ne recueillerons pas le fruit. Et lorsque nous sommes arrivés au terme de la vie, que nous réglons nos dispositions testamentaires, n’est-il pas vrai que nous répartissons des bienfaits dont il ne nous reviendra aucun profit ? Combien d’heures l’on y passe ! Que de temps on discute, seul avec soi-même, pour savoir combien donner et à qui ! Qu’importe, en vérité, de savoir à qui l’on veut donner puisqu’il ne nous en reviendra rien en aucun cas ? Pourtant, jamais nous ne donnons plus méticuleusement ; jamais nos choix ne sont soumis à un contrôle plus rigoureux qu’à l’heure où, l’intérêt n’existant plus, seule l’idée du bien se dresse devant notre regard."

Objet du texte : Ce texte concerne le problème de la vertu, de la morale et des liens entre morale et intérêt et plaisir. La question est de savoir si nous sommes capables de vouloir le Bien pour lui-même ou si c’est par intérêt que nous agissons conformément à la vertu et faisons notre devoir. Dans ce cas, le Bien ne vaut pas en lui-même, mais pour ses suites et il n’est qu’un moyen pour autre chose. Cette réflexion morale s’appuie sur l’analyse d’un acte bon (le don généreux) et interroge donc sa gratuité. Ce qui permet d’associer ce texte aussi à la notion des échanges, même si l’enjeu reste la morale.

 

SOURCE : www.lewebpedagogique.com

Forums Public Ados